Mouse : PI for Hire

Hit the road Jack

Pour commencer

Cela fait quelques années que Mouse : PI for Hire a été annoncé et nous propose des trailers alléchants. Un FPS (genre auquel je joue peu, mais que j’apprécie) avec des graphismes reprenant l’esthétique des premiers cartoons américains et une ambiance inspirée par le genre des films noirs, j’ai tout de suite accroché à l’idée. J’ai acheté le jeu peu après sa sortie, pris par la hype de ce petit phénomène. Voyons si le jeu est à la hauteur de son marketing.

FPS Indé JuanPatatos PC PS5 Switch 2 Xbox Series

Pour se mettre en condition

On écoute quoi ?

Doin’ the Uptown Lowdown, classique du jazz des année 30.

On boit quoi ?

Un Southside, cocktail phare de la Prohibition.

On mange quoi ?

Des spaghettis aux noix, l’une des recettes favorites d’Al Capone.

Alors, ça dit quoi ?

Mouse est un FPS se déroulant à Sourisville qui, comme son nom l’indique, est une ville habitée par différentes espèces de souris anthropomorphes. C’est une cité noire, violente, corrompue et profondément inégalitaire, qui incarne une certaine image des grandes villes américaines pendant les années 30. Nous incarnons Jack Pepper, un ancien flic devenu détective privé, qui débute une enquête autour de la disparition d’un magicien célèbre. Rapidement, l’intrigue va se complexifier et notre inspecteur se retrouvera au cœur d’un dangereux complot impliquant toutes les strates de la société. Le scénario de Mouse est intéressant, et la narration garde toujours une part de mystère et de suspense qui nous tient en haleine et nous donne envie d’avancer dans l’aventure. La mise en scène est très cinématographique et le jeu multiplie les séquences sensationnelles. On s’attache aux différents personnages que l’on nous présente, et Mouse aborde plusieurs sujets intéressants, que ce soit la guerre, l’instrumentalisation du racisme par les politiques, la montée du fascisme. Malheureusement, je trouve que la résolution des différentes intrigues est assez décevante, ne répond pas convenablement à tous les enjeux du scénario et ne tient pas toujours la route. C’est toujours dur de trouver une bonne fin à un polar.

Mouse PI for Hire
C’est grand chose, mais j’ai beaucoup aimé le fait de pouvoir se déplacer sur la map de Sourisville.

Mouse est le digne héritier des vieux FPS console, type Goldeneye ou Time Splitters. Le jeu propose une vingtaine de missions (ce qui en fait une aventure assez longue) qui se déroulent dans des niveaux généralement construits en couloir, avec des accès qui s’ouvrent et se ferment à mesure de notre avancement. Pourtant, le level-design est assez malin pour permettre de faire des allers-retours, de repasser dans certaines zones et de donner de la cohérence à l’ensemble. Quelques niveaux sont plus ouverts et nous demanderont donc de nous approprier un espace. Le jeu surprend par sa capacité à proposer constamment de nouveaux environnements (dont certains complètement décalés), tout en gardant un cadre assez limité, à savoir Sourisville et sa campagne environnante. Typiquement, on fera trois missions dans un même studio de cinéma, et aucune ne se ressemblera. Le jeu joue beaucoup sur les ambiances urbaines et mafieuses, mais peut aller sur d’autres terrains, notamment l’étrange et « l’horrifique » (je mets des guillemets parce que ça ne fait pas très peur non plus). On se déplace d’un niveau à l’autre via une carte que l’on arpente en voiture. C’est une bonne idée pour donner vie à Sourisville et aider à l’immersion. On dispose également d’un Hub, comprenant notre bureau, un bar et quelques commerces, dans lequel on doit revenir entre chaque mission et qui abritera les PNJ importants de notre aventure.

Mouse PI for Hire
Mouse vous emmènera dans des ambiances surprenantes.

On débutera chaque mission avec un objectif unique (par exemple trouver un personnage ou un document pour en tirer des informations). Cet objectif changera régulièrement en cours de route, la trame narrative des missions prenant souvent des détours inattendus. On avancera donc dans un environnement assez cadré, en tuant les ennemis qui se dresseront sur notre route. Ces derniers débarqueront souvent par vagues au sein d’arènes fermées. Le « bestiaire » n’est pas immense mais suffisamment varié pour proposer des affrontements complexes : snipers, soldats avec matraque et bouclier, gros mecs plus résistants et qui peuvent vous charger… Ces associations, liées à des arènes parfois verticales et vicieuses, amènent des combats nerveux dans lesquels vous devrez énormément bouger. Les mouvements du jeu permettent ce gameplay dynamique, avec notamment la possibilité de sauter et d’envoyer des coups de savate pour écarter les ennemis au corps à corps. Pour alimenter ce gameplay, on pourra découvrir 10 armes différentes au cours de l’aventure, pouvant être améliorées dans le Hub et ayant chacune deux types d’attaques. Ces armes peuvent être conventionnelles (pistolet, fusil à pompe, tommy gun) ou complètement loufoques, et auront leurs utilités selon les situations. Tout ceci crée énormément de diversité dans la façon de jouer, et le gameplay de Mouse est très satisfaisant. Le jeu manque peut-être un poil de difficulté, même si de rares passages sauront vous résister.

Mouse PI for Hire
Les pouvoirs passagers amènent des scènes incroyables.

En plus des environnements variés des missions, Mouse sait nous surprendre constamment par de nombreuses bonnes idées. Le jeu multiplie les scènes uniques, avec des boss à concept, des pouvoirs cartoonesques que l’on obtient pour un passage précis, des mises en scène folles faisant souvent référence à de grandes œuvres du cinéma. En plus du combat, Mouse propose des séquences de plateforme agréables et fluides, aux airs de parkour, alimentées par l’ajout de nouveaux mouvements au cours de l’aventure : double saut, grappin, course sur certains murs… On sera également invité à explorer entièrement les maps, pour trouver de l’argent à dépenser dans le Hub, ainsi que plusieurs collectables présents dans chaque mission. L’exploration est améliorée par la souplesse de la plateforme, et les développeurs ont eu de bonnes idées pour planquer leurs trésors. On ajoute à cela des quêtes secondaires à récupérer auprès de nos amis du Hub, et des petites énigmes pour ouvrir des coffres ou certains passages, et on obtient des missions variées, intéressantes et spectaculaires.

Mouse PI for Hire
Les idées de mise en scènes sont magiques, et régulièrement inspirées d’œuvres cinématographiques.

Mouse n’est pourtant pas exempt de défauts. Le jeu nous fait rapidement miroiter un gameplay d’enquête, avec un tableau d’investigation présent dans notre bureau et sur lequel on recoupe nos indices et preuves entre chaque mission. Malheureusement, on ne pourra jamais jouer à l’inspecteur. La résolution de l’enquête se fait automatiquement, et on n’aura jamais à réfléchir ou même à intervenir dans ce processus. De plus, le jeu nous donne automatiquement certaines preuves si on les a manquées pendant la précédente mission ! On est pas loin de la fausse promesse. Déception également sur l’aspect exploration puisque l’on peut acheter dans le Hub les collectables que l’on n’a pas trouvé en mission ! Ça casse complètement l’intérêt de la recherche. L’argent ne sert presque à rien, hormis acheter ces fameux collectables. Je trouve que le jeu manque d’objets cools à trouver, et qu’on est souvent déçu par la récompense quand on déniche une cache vraiment bien planquée. D’ailleurs, le noir et blanc rend la vision de certains éléments difficile. Enfin, la tentative de jeu de cartes autour du baseball est vraiment ratée, et l’interface du changement d’arme est très mal foutue.

Mouse PI for Hire
Le jeu est truffé de petites références.

Finissons sur un point esthétique. Les graphismes de Mouse sont magnifiques. J’ai beaucoup aimé l’incorporation de modèles 2D dessinés dans des environnements 3D numériques. La musique jazz est dingue et le sound design cartoonesque parfait. Les doublages sont exceptionnels et donnent une crédibilité aux personnages. Les dialogues sont plutôt bien écrits, parfois drôles, mais peuvent aussi tomber dans le lourdingue (je pense notamment aux nombreuses vannes autour du fromage).

Can you geek it ?

Yes you can !

J’ai passé un super moment sur Mouse, qui m’a rappelé les FPS consoles auxquels je jouais adolescent. L’aventure est longue et extrêmement variée. On est constamment surpris, on ne s’ennuie pas un moment, et l’esthétique est évidemment un point fort de l’aventure. Le jeu a tout de même des défauts, avec notamment des promesses qu’il ne tient pas et un scénario décevant. Ça reste une très bonne expérience.

Le par JuanPatatos

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