Pour commencer
Après avoir fait Silksong, voici un autre titre très attendu. Il aura fallu 6 ans pour voir apparaître ce deuxième opus, suite de l’excellent Hades, qui avait tout de même remporté le GOTY 2020 du meilleur jeu indépendant, et dont le test est à retrouver ici. Pour les trois personnes qui nous lisent, vous avez l’habitude quand il s’agit d’une suite, je ne vais pas revenir sur tout le gameplay du jeu mais surtout sur ce qui le différencie de son prédécesseur.
Pour se mettre en condition
On écoute quoi ?
Un son de Petros Iakovidis, que j’avais entendu à la radio quand j’étais en Grèce. J’aime bien, je sais pas trop pourquoi.
On boit quoi ?
Une Mythos bien fraîche.
On mange quoi ?
Des souvlaki, de ce que vous voulez.
Alors, ça dit quoi ?
Dans Hades 2, nous n’incarnons plus Zagreus mais bien Mélinoé, sa petite sœur, née suite à la réconciliation d’Hades et de Persephone dans le premier opus. Seul problème, Cronos, titan extrêmement puissant (et accessoirement père d’Hades), débarque peu après cette naissance, prend le palais des enfers par la force et emprisonne ses habitants (les experts en mythologie que vous êtes savent qu’il ne s’est jamais très bien entendu avec ses fils). La jeune princesse est sauvée in extremis par Hécate, déesse de la Lune et de la magie, qui l’élèvera à la Croisée de Chemins, sorte de forêt cachée de l’influence de Cronos. Mélinoé grandira donc à l’écart de sa famille avec un seul but en tête : retourner en enfer, tuer son grand-père et libérer les siens. Elle sera notamment aidée dans sa tâche par les dieux de l’Olympe, qui sont aussi les ennemis de Cronos. Comme dans le premier jeu, la narration est centrale dans Hades 2. La répétition des runs fait avancer l’histoire principale, ainsi que plein de quêtes annexes et de relations diverses et variées avec les dizaines de PNJ que vous croiserez. Le scénario du jeu est sympa mais n’a rien d’exceptionnel, malgré une tentative de twist en cours d’histoire.

Les runs d’Hades 2 se déroulent comme dans le premier opus. Pour en conclure une, on doit traverser 4 zones, composées de plusieurs salles, et qui se terminent toutes sur un combat de boss. Il faudra atteindre et battre le boss final au cours de nombreuses runs pour faire avancer le scénario et débloquer la fin du jeu. Les différentes salles proposent principalement des combats contre des créatures qui arrivent par vagues, mais aussi des boutiques ou des fontaines de heals. On choisit toujours son parcours selon les récompenses de salles, et les développeurs utilisent les mêmes astuces pour varier les combats (mini-boss, PNJ spéciaux, concours avec un PNJ allié, survie dans l’arène pendant un temps donné…). Il n’y a que deux évolutions notables par rapport au premier opus sur la conduite des runs. D’abord, certaines zones possèdent peu de salles, mais ces dernières proposent plusieurs combats de suite. Ceci a un impact sur certains bonus, notamment ceux qui s’activent en fin de zones. Et surtout, SPOILER : il n’existe pas un, mais deux chemins différents. En plus d’aller dans les enfers, on pourra grimper à la conquête de l’Olympe ! Ce deuxième choix, qui se débloque après plusieurs run, offre 4 zones inédites, avec ses propres bestiaires, PNJ, et boss final, qui va bien sûr avoir son importance dans l’avancée du scénario. Cette nouveauté est importante car elle amène une alternance et brise la monotonie que l’on pouvait ressentir dans le premier opus, où l’on empruntait toujours le même chemin.

Les combats sont toujours très dynamiques, avec de nombreux ennemis à affronter en même temps, des adversaires qui vous attaquent au corps-à-corps pendant que d’autres vous tirent dessus, pas de dégâts de contact, et la possibilité de stopper les paterns d’attaque sur les ennemis sans armure. Vous serez obligé d’être constamment en mouvement, il est facile de perdre de la vie et, si Hades 2 n’est pas un jeu très difficile, il va quand même vous demander un peu de maîtrise. On retrouve les deux types de coups différents (attaque et technique) et le dash, qui peuvent être améliorés par tous les dieux que vous croiserez. En plus de ces mouvements, de nouvelles mécaniques apparaissent par rapport au premier opus. Il n’y a plus de Lancer, qui est remplacé un glyphe qui se dépose sous vos pieds, bloque les ennemis et leur inflige des dégâts. Mais surtout, nous avons désormais une barre de mana, qui permet de lancer de super attaques, super techniques et super glyphes en maintenant enfoncé le bouton d’action correspondant. Les combats y gagnent en complexité et en variété, même si j’ai eu besoin d’un certain temps d’adaptation avant d’utiliser ces nouvelles options. Comme dans le premier jeu, le bestiaire de chaque zone est un peu restreint, mais il est suffisamment varié pour que les combinaisons d’ennemis marchent bien entre elles, et se synergisent avec les pièges présents dans presque chaque zone.

Les boss d’Hades 2 sont plus nombreux que dans le premier opus, puisqu’il y a plus de zones. Ils proposent toujours des combats longs et intenses, ont des paterns variés, plusieurs phases qui peuvent alterner au sein du même affrontement. Ils sont tous assez différents et amènent donc des combats originaux. Les arènes sont par contre très neutres et apportent rarement à la qualité du combat. Les boss possèdent tous une deuxième version via le Pacte de la Nuit (nouvelle version du Pacte des châtiments, on y revient) qui pousse leurs mécaniques au maximum et représente un véritable pic de difficulté. Ces ennemis ont, comme dans le premier opus, une personnalité propre, font référence à des figures célèbres de la mythologie, ce qui permet que l’on s’y attache. On note aussi l’existence de deux à trois mini-boss par zones. Seuls quelques-uns sont intéressants, les autres n’étant que des mobs améliorés.

Pas de grandes nouveautés sur la construction du build. Il y a toujours 6 armes disponibles, apportant une variation de gameplay essentielle. Chacune d’elle possède plusieurs aspects, qui apportent toujours plus de variation. On pourra aussi recruter 5 familiers, ayant chacun des bonus bien spécifiques, et en choisir un pour nous accompagner en run. On retrouve à peu près les mêmes dieux que dans le premier jeu, à quelques nouveautés près. Si certains des « anciens » ont gardé les mêmes mécaniques, d’autres ont connu une refonte intéressante, notamment Arès. Sans rentrer dans les détails, je trouve que les synergies de build ne sont toujours pas à la hauteur d’autres références du Roguelike, même si j’ai l’impression qu’elles sont mieux pensées que dans le premier opus. J’apprécie également l’apparition de Séléné, qui nous donne un pouvoir unique et améliorable qui peut se déclencher quand on a utilisé une certaine quantité de mana. C’est une bonne idée pour mettre en avant cette nouvelle mécanique. Concernant les objets que l’on trouvera au cours de la run, c’est à peu près la même chose (vie en plus, amélioration de bienfaits…). Il y a toujours de l’argent, toujours Charon pour dépenser cet argent, et toujours des possibilités de prendre des risques pour améliorer sa run (Chaos avec ses malus qui deviennent des bonus après plusieurs salles, possibilité d’affronter une vague supplémentaire pour gagner un objet…). Bref, ça ressemble beaucoup à Hades premier du nom.

Concernant la partie Roguelite et améliorations permanentes, pas grand-chose de neuf non plus. Le Miroir de la nuit du premier opus laisse sa place à des cartes de tarots qui nous donnent un bonus permanent et qui coûte plus ou moins cher à équiper selon la qualité supposée du bonus. On ne peut évidemment pas toutes les prendre, il faudra donc faire un choix, souvent selon l’arme que l’on va jouer. Est-ce que c’est mieux que dans le premier jeu ? Je pense que ça revient à peu près au même. Les présents sont toujours là, au nombre d’un par PNJ (ou presque), et on peut toujours en changer à chaque boss, ce qui permet de s’adapter en cours de run. On récupérera toutes sorte de collectables pendant nos runs (fleurs, minerais, graines…) qui serviront à améliorer des choses dans le Hub. Dans Hades 2, presque TOUT est améliorable : les cartes de tarot, les familiers, les armes… Un chaudron servira de système de progression et les incantations que vous y ferez seront essentielles pour avancer : résolutions de quêtes principales et secondaires, déblocage de mécaniques indisponibles en début de jeu (c’est-à-dire à peu près toutes), apparition de nouveaux lieux dans le Hub, aides en cours de runs… Et on pourra toujours utiliser nos ressources en trop pour décorer la Croisée des chemins avec plein de jolies choses, pimper nos familiers, acheter des musiques… On va donc devoir enchaîner les runs pour farmer les collectables et ainsi débloquer tout cet énorme contenu.

Car oui, comme dans le premier opus, le but va être de faire et refaire des runs, presque ad nauseam. Le jeu porte toujours autant d’intérêt à l’écriture et au lien avec les PNJ. On va développer un paquet d’histoires d’amitiés, de relations conflictuelles, et même d’aventures amoureuses. Hades 2 possède la même qualité de dialogues que son prédécesseur et les personnages sont globalement attachants, ce qui donne envie d’aller au bout de chacune de ces relations, malgré le fait qu’on ne puisse avancer que très lentement vers leur dénouement. Il est toujours aussi pénible de terminer certaines quêtes secondaires, qui impliquent de parler avec des personnages que l’on croise rarement, et qui semblent déclencher les bons dialogues selon leur bon vouloir. Pour contrer la monotonie qui peut s’installer (on parle d’une bonne centaine de run d’une petite heure chacune pour finir le jeu à 100 %), le Pacte de la Nuit permet d’augmenter la difficulté de la prochaine run selon des critères que l’on choisit, sur le même modèle que le Pacte des Châtiment du premier opus. Je regrette toujours que le jeu soit un peu trop scolaire. Il fait très bien les choses, maîtrise sa formule Roguelite à la quasi perfection, mais ça manque de secrets, de boss et de niveaux cachés. Certes, il y a un contenu gigantesque et quelques surprises, mais ça manque du mystère que j’aime dans d’autres jeux du genre, type Isaac.

Pour finir sur la DA, bah c’est la même que dans le premier, donc c’est le top. Les graphismes sont magnifiques, le sound desing est parfait pour comprendre ce qu’il se passe dans le bordel des batailles, les doublages sont excellents, l’OST est toujours aussi bonne et variée, avec ce savant mélange de sonorités antiques et modernes. Le design des personnages est toujours un gros point fort et s’inscrit bien dans l’air du temps.
Can you geek it ?
Yes you can !
Si vous avez aimé Hades, foncez sur Hades 2. Les développeurs n’ont pas pris de risques et ont fait un jeu très proche de son prédécesseur, avec quelques améliorations dans le gameplay et dans la construction des runs. Je regrette toujours ce côté trop scolaire, qui manque un peu de folie. Mais, il faut dire ce qui est, la licence Hades produit d’excellents Roguelite.
Le par