La terre du Milieu : L’ombre de la Guerre

L’ombre d’un doute

Pour commencer

Après avoir fait L’ombre du Mordor l’année dernière (dont la review est à retrouver ici), voici le test de sa suite, L’ombre de la Guerre, sortie en 2017, soit 3 ans plus tard. Comme d’habitude, quand on se penche sur une suite, je ne vais pas reprendre en détails tous les éléments de game design du jeu, mais juste parler de ce qui distingue cet opus de son prédécesseur.

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Pour se mettre en condition

On écoute quoi ?

The battle of Evermore de Led Zeppelin. Un morceau inspiré en partie de la Bataille des Champs du Pelennor.

On boit quoi ?

Toujours le cidre chaud, mais qui a bien refroidi. N’essayez pas, c’est pas bon.

On mange quoi ?

Le même Lembas que la dernière fois, mais bien rassis.

Alors, ça dit quoi ?

L’ombre de la Guerre est une suite directe du premier opus. On retrouve Talion qui poursuit sa quête de vengeance, alors que Celebrimbor vient de forger un nouvel anneau pour concurrencer celui de Sauron. Cette aventure nous permettra de parcourir de nouveaux lieux iconiques du Mordor, de la belle Minas Ithil, avant qu’elle ne soit corrompue par le Mal, au plateau de Gorgoroth. C’est toujours aussi plaisant d’évoluer dans ces environnements mythiques, et l’esthétique du jeu leur rend bien hommage. Par contre, cet opus confirme le manque de respect de la licence pour l’œuvre originale. Impossible de placer cette histoire dans la chronologie de la Terre du Milieu tant les anachronismes sont nombreux. De plus, l’écriture de certains personnages n’a aucun sens et n’apporte rien d’intéressant. D’une manière globale, le scénario n’a pas grand intérêt, et on est rarement pressé de connaître la suite de cette aventure.

L'ombre de la Guerre
Les environnements sont vraiment très beaux.

Concernant le game design et le gameplay, ce jeu reprend presque tout de son prédécesseur : les mouvements de combats (avec la possibilité de drainer et de recruter vos adversaires), de plateforme et d’infiltration, la carte pensée comme celle des open-world de l’époque, avec des marqueurs un peu partout pour indiquer les quêtes, la « vision d’aigle en mode AC, le système de Nemesis qui donne une identité aux capitaines orques et crée un vrai lien avec eux. On garde le même système d’XP qui monte en réalisant des quêtes ou en ramassant des collectables, avec un arbre de compétence qui cadre la progression puisqu’il nous permet de débloquer les différentes mécaniques du jeu. On a plus d’options de personnalisation que dans le premier opus, puisque chacune de ces compétences peut se décliner de deux ou trois manières différentes (ayant un impact direct sur le gameplay), et que vous ne pourrez en choisir qu’une à chaque fois. Vous aurez également beaucoup plus de choix concernant les armes, puisqu’il en existe des dizaines pour chaque type d’équipement (épée, dague, arc, armure et anneau). Chacune a un niveau, des stats et un bonus à débloquer en atteignant un court objectif. Enfin, une mécanique de gemmes, que l’on collecte en fin de quête ou sur des ennemis, permet d’ajouter une stat à un équipement. Pour le coup, les runes du premiers opus étaient plus intéressante que ces gemmes.

L'ombre de la Guerre
Le plateau de Gorgoroth a vraiment de la gueule.

La mécanique de Nemesis a été améliorée. Les capitaines orques possèdent des armes spéciales, différentes classes et clans qui leur donnent des bonus particuliers, et peuvent avoir de nombreux points faibles, particularités et invulnérabilités. Leurs design, leurs surnoms et leurs dialogues sont toujours très cools, bien que ces derniers puissent être un peu longs. Par contre, ces adversaires peuvent maintenant s’adapter au cours d’un combat, et devenir insensible à certains de vos coups si vous les utilisez trop souvent. C’est parfaitement stupide, puisque ça peut vous enlever le seul moyen efficace de les vaincre (ne plus pouvoir sauter par-dessus un mec avec un bouclier va vraiment poser problème).

L'ombre de la Guerre
Les capitaines orques ont beaucoup plus de particularités que dans le premier opus.

La gestion de notre armée a aussi été revue en bien. Chacune des 5 cartes possède une forteresse qu’on devra assiéger avec nos troupes. Quand on arrive à la récupérer, c’est à nous de la défendre face aux assauts. On peut nommer des capitaines, des gardes du corps, choisir des troupes spécifiques pour les attaques et des engins de siège en défense… C’est assez stylé, même si on se rend vite compte que l’aspect stratégique est minime et que ça reste de la grosse baston. Il y a aussi la possibilité d’envoyer nos gars combattre dans des arènes, pour le faire monter en niveau et récupérer des ressources. Ces combats, auxquels on assiste en tant que spectateur, sont rigolos à observer, quand l’IA veut bien ne pas faire n’importe quoi.

L'ombre de la Guerre
Les combats d’arènes rendent bien la violence des orques.

Parlons des combats. Comme dit plus haut, ils sont assez similaires à ceux du premier opus. Pourtant, je les trouve infects. Dans le premier, on arrivait à obtenir une sorte de danse, entre parades, attaques et coups spéciaux. Ici, on affronte constamment des hordes d’ennemis, dont une grande partie a pour rôle de nous harceler de loin, avec des flèches ou des lances. On se fait donc constamment interrompre nos combos, et surtout nos drainages, qui permettent de nous soigner et de recruter les capitaines quand il leur reste peu de vie (du coup, ils meurent parfois avant qu’on ne puisse les recruter, parce qu’un trou duc nous tire dessus au mauvais moment). C’est extrêmement frustrant et agaçant. De plus, le ciblage des ennemis est ignoble et on va souvent attaquer ou drainer le mauvais orque. Sans compter que l’on peut attaquer nos propres troupes, ce qui est parfaitement débile. Dans le chaos que représente une bataille dans ce jeu, ce problème de ciblage fait péter un câble. Si on ajoute à ça les capitaines, leur force démesurée et leurs invulnérabilités à certains coups (plus le fameux système d’adaptation), on se retrouve avec des combats infâmes où l’on peut mourir en deux secondes, où le gameplay consiste à marteler le bouton d’attaque et courir dans tous les sens pour se soigner dans un coin. C’est vraiment naze, et c’est bien dommage puisque les combats représente 80 % du gameplay.

L'ombre de la Guerre
Vous combattrez uniquement contre des masses d’ennemis très différents, avec un gameplay mal pensé pour ça.

En effet, les phases d’infiltration, qui composaient les meilleures parties du premier opus, ont quasiment disparu. De rares bouts de mission les mettent à l’honneur, sinon le jeu ne propose que de la (mauvaise) baston. Le level-design des avant-postes (zones particulièrement surveillées, avec un système d’alarme) est moins bon et ne permet plus les mêmes approches discrètes. Concernant la plate-forme, les développeurs proposent plus de fluidité et de vitesse dans les courses et les sauts, ce qui est bienvenue. Le seul problème de cette accélération du gameplay est que votre personnage va s’accrocher partout quand vous ne le voulez pas, notamment en combat quand vous devrez fuir une situation compliquée. Encore une fois, le gameplay paraît imprécis et frustrant. On peut également aborder le cas des bêtes, puisque l’on pourra encore monter des Wargs et autres espèces de trolls. Grande nouveauté, on va désormais pouvoir chevaucher des dragons ! Bah, c’est complètement raté. Ces séquences sont parfaitement injouables et vous allez vous battre avec votre bestiole ailée pour la diriger correctement. Un combat de boss met en avant cette mécanique et se transforme donc en véritable purge.

L'ombre de la Guerre
C’est toujours sympa de monter les caradors, même si vos nombreux ennemis les défonceront sans trop de problèmes.

En fait, le jeu est globalement ennuyant. Comme dit plus haut, l’histoire n’est pas intéressante et on n’est donc jamais très motivé pour avancer dans les quêtes. Le déroulement des missions se ressemble beaucoup, que ce soient les principales ou les secondaires. Les missions de Celebrimbor ressemblent à de bêtes tutoriels pour apprendre les différentes mécaniques du jeu, et n’apportent rien sur son personnage. La récolte des collectables ne vaut pas grand-chose non plus, hormis les artefacts du Gondor qui amènent un peu de lore et de contexte que j’ai apprécié. Les souvenirs d’Arachnée n’ont aucun intérêt et mettent surtout en avant les libertés prises par les développeurs avec le lore de Tolkien. En bref, toutes ces missions donnent une impression de remplissage et pas de quêtes bien réfléchies. On note aussi la présence de bugs, de fin de quêtes qui ne se déclenchent pas, de temps de chargement infinis…

L'ombre de la Guerre
Les poèmes à reconstituer, un bel exemple de quêtes secondaires sans intérêt.

Pour l’esthétique, rien à dire de plus que dans le premier opus. C’est plutôt joli, les environnements et les personnages sont très bien rendus et fidèles à la représentation qu’on peut se faire de la Terre du Milieu. Les doublages sont cools, l’OST et le sound design plutôt quali.

Can you geek it ?

Yes, no, maybe, I don't know ...

Je ne mets pas de pouce rouge à ce jeu parce qu’il ressemble beaucoup à son prédécesseur que j’avais apprécié. Mais je trouve que l’Ombre de la Guerre n’a pas grand intérêt et je n’ai pas passé un très bon moment. Quelques améliorations sont à noter, sur les aspects RPG et sur la mécanique de Nemesis, et l’esthétique du jeu est toujours un point fort. Mais tout le reste est loupé : combats infâmes, gameplay brouillon, phases d’infiltration presque inexistantes, nouvelles idées mauvaises, quêtes peu inspirées, histoire médiocre, non-respect de l’œuvre originale. Si vous avez fait le premier opus, vous pouvez vous arrêter là. Vous ne louperez pas grand-chose.

Le par JuanPatatos

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