Pour commencer
Sorti en 2016, Dark Souls 3 est le dernier opus de la licence légendaire de From Software, dont il est globalement considéré comme le meilleur représentant. C’est cette réputation qui m’a donné envie d’y jouer après avoir fait DS1 (dont le test est à retrouver ici), sans passer par le 2, qui lui est beaucoup moins apprécié. Traitez-moi de faux si vous voulez, mais mon masochisme a des limites.
Pour se mettre en condition
On écoute quoi ?
Saviour of the dead de Rage. La bestiole sur la couverture de l’album aurait pu être dans le jeu.
On boit quoi ?
Un curry japonais, qui serait le plat favori de Hidetaka Miyazaki.
On mange quoi ?
Une boisson des dragons, idéal avant d’aller en terrasser un.
Alors, ça dit quoi ?
Contrairement à Dark Souls 2 (oui je l’ai pas fait, mais je sais de quoi il parle), cette troisième aventure se passe à nouveau dans Lordran et constitue donc une suite plus ou moins directe au premier opus. L’histoire se déroule looongtemps après la fin du premier jeu (il n’y a pas d’indication précise, mais des royaumes ont eu le temps d’apparaître, de disparaître et d’être oubliés) et on incarne toujours une Morteflamme qui doit réanimer la Première Flamme pour tenter de sauver ce monde mourant. Encore une fois, il existe plusieurs fins et il sera possible de sortir des sentiers battus et de prendre son destin en main. Le fond du scénario est donc très proche de celui du premier opus, c’est le contexte qui est différent. On remarque que l’intrigue est racontée de manière un peu moins cryptique, ce que j’ai apprécié. C’est toujours plus impliquant de comprendre ce que l’on vit, d’autant que l’histoire de ce monde est fascinante.

Dark Souls 3 reprend énormément au premier opus de la saga. On peut toujours créer de nombreux archétypes de personnages (guerriers lourds, combattants rapides, archers, magiciens…) avec une certaine précision, grâce aux nombreuses stats à améliorer et aux dizaines d’armes, d’armures et de sorts que l’on va trouver au cours de l’aventure. Les possibilités d’amélioration de l’équipement sont elles aussi assez variées pour que l’on puisse spécialiser son stuff, notamment selon les situations. Il y a toujours un hub qui accueillera notre forgeron, des marchands et les nombreux PNJ que l’on croisera sur la route. Les quêtes secondaires qu’ils nous donnent (ainsi que les différentes quêtes de serments, toujours présentes) sont toujours aussi incompréhensibles, et c’est bien dommage. Je trouve par contre que les mécaniques de jeu sont beaucoup plus claires, et qu’on peut moins bazarder des objets essentiels à la progression comme dans le premier opus.

Les combats sont toujours aussi bons, suivent le même système et demandent la même exigence. Le bestiaire est vaste, chaque zone possède ses propres monstres, leurs paterns sont nombreux, surprenants, et leurs associations fonctionnent bien, notamment en combinaison avec le level design. On tombera toujours dans quelques escarmouches agaçantes et sur des mobs placés de manière vicieuse, mais DS3 est globalement moins cruel que son grand frère. Qu’on s’entende, c’est un jeu très dur et certains passages vous feront roter du sang. Mais il est plus juste que son prédécesseur, et donc moins frustrant. J’ajoute ici que la progression est toujours cadrée par les feux et les fioles d’Estus que l’on recharge. C’est devenu une norme dans plein de jeux et j’adore cette mécanique. Le système d’invasion et de PVP existe toujours, même si je ne l’ai pas vraiment exploré. C’est fun de pouvoir se battre contre d’autres gens, d’autant que le système de combat permet des duels vraiment nerveux, mais je ne joue pas à un jeu solo pour ça.

Sur le sujet des boss, on se rapproche aussi de DS1 : ces combats sont assez inégaux. Une partie significative d’entre eux propose des duels intéressants, voire épiques, qui demanderont une concentration sans faille, des réflexes, de la mobilité. Les différentes phases des combats vous soumettront à un vrai apprentissage, qui se fera évidemment dans la douleur, jusqu’à votre shoot de dopamine au moment de la victoire. Mais il y a encore trop de boss aux concepts absurdes, aux affrontements simplistes ou aux paterns agaçants. Je comprends le besoin de varier les combats, et j’admets que tous les boss s’imbriquent efficacement dans le lore, mais ça n’enlève pas l’ennui et l’incompréhension que certains suscitent. Je note aussi que certaines arènes sont exceptionnelles, d’autres vraiment trop basiques. D’une manière globale, je dirais quand même que les boss de DS3 sont meilleurs et plus intéressants que ceux de DS1, qui proposaient quelques combats proprement ridicules.

Le monde de DS3 est toujours aussi marquant, avec des zones proposant des tableaux époustouflants ou au contraire des environnements suffocants. Chacune possède sa propre ambiance, en gardant toujours une atmosphère glauque, dérangeante, et parfois flippante. Le level design est toujours très bien construit, cohérent, en phase avec le lore, et assez intelligemment agencé pour que l’on s’y retrouve sans carte. On trouve toujours plusieurs raccourcis à ouvrir pour faciliter la navigation dans le niveau. Ces zones ne sont pas très grandes en soi, mais l’adversité que l’on y rencontre rend chaque mètre difficile à parcourir. Encore une fois, DS3 est beaucoup plus juste que son prédécesseur. Fini les recoins où l’on se fait bloquer, ainsi que les chutes mortelles tous les deux mètres. On peut toujours faire certaines zones dans l’ordre que l’on veut et, hormis une, les zones bonus ne sont pas trop compliquées à trouver. L’exploration est toujours récompensée, avec de nombreux stuffs et objets utiles à trouver un peu partout. Seul bémol, le world design est beaucoup moins bon que dans le premier opus. Ici, il n’y a plus de grand monde connecté intelligemment, on est plutôt sur une succession de zones qui ne s’imbriquent pas entre elles, et on se déplace donc principalement avec les téléportations que permettent les feux de camps. C’est pas très grave, mais ça reste un recul.

La DA est similaire au premier opus, avec le même type de graphisme. C’est beau, varié, les environnements mettent une claque, et le design des mobs et des boss est incroyable d’inventivité. Les développeurs ont gardé le choix de la sobriété en ce qui concerne la musique, et le silence accompagnera une majorité de notre aventure, dans un but d’immersion. Pourtant, l’OST, qui apparaît notamment pendant les combats de boss, est magistrale et contient certains des morceaux les plus iconiques de la licence. Enfin, le sound design est très bon, et notamment les râles et cris poussés par nos ennemis.
Can you geek it ?
Yes you can !
DS3 reprend précisément la formule du premier opus de la série, mais de manière plus accessible et plus juste, que ce soit au niveau des combats, des mécaniques de jeu, du lore, et de tout ce qui pouvait pourrir l’expérience de DS1. Je trouve également que ce jeu fait mieux sur plusieurs aspects, notamment les boss. Seul le world design est clairement en dessous de celui de son prédécesseur. C’est donc un grand oui.
Le par JuanPatatos