Hollow Knight : Silksong

Le GTA 6 du jeu indé

Pour commencer

Enfin, voici la suite d’Hollow Knight, qui était probablement le jeu indé le plus marquant de sa génération. Silksong a été annoncé rapidement après la sortie de ce grandiose premier opus, et une démo jouable avait été présenté à l’E3 dès 2019. Il aura fallu attendre encore 6 longues années avant sa sortie. Maintenant qu’on a cet héritier en main, voyons s’il est à la hauteur de sa légende. Comme toujours avec les suites, je ne vais pas reparler de toutes les mécaniques du jeu, mais surtout de ce qui le différencie du premier opus (dont mon test est à retrouver ici, celui du collègue Kaiser Panda ici).

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Pour se mettre en condition

On écoute quoi ?

Seychelles de Booba. Le premier extrait de Blanco Nemesis, album attendu par les fans depuis bien dix ans.

On boit quoi ?

Une pinte de blonde en terrasse dans un bar bondé, qu’on se fait servir au bout de 45mn. C’est long, mais ça fait du bien quand ça arrive.

On mange quoi ?

Un plat de pâtes aux truffes de La Piazzetta, à Lyon. L’attente est parfois un peu longue, mais ça vaut vraiment le coup.

Alors, ça dit quoi ?

Silksong reprend exactement la même recette qu’Hollow Knight. On est donc sur un action/plateformer en 2D et en vue de côté, le tout à la sauce Metroidvania. L’histoire se déroule à la suite du premier opus. On incarne Hornet, personnage emblématique du premier jeu, qui a été capturée par des insectes du lointain royaume de Pharloom. Alors qu’elle est acheminée en cage dans ce nouveau pays, elle réussit à s’échapper, mais perd une grande partie de ses pouvoirs dans l’opération. Au lieu de chercher à rentrer chez elle, elle décide de confronter la souveraine de ce Royaume pour comprendre les raisons de sa capture, et se lance dans une grande aventure qui lui apprendra énormément sur ses propres origines. Silksong est beaucoup moins cryptique qu’Hollow Knight, notamment parce qu’Hornet s’exprime dans les dialogues, et nous aide à comprendre les enjeux de son odyssée. Le scénario du jeu y gagne en clarté, mais y perd forcement en mystère. Il reste intéressant, bien que trop semblable à celui du premier jeu. Comme dans Hollow Knight, il existe plusieurs fins, dont une vraie que l’on ne découvrira qu’en terminant le jeu en profondeur.

Silksong
Quel plaisir de retourner sur Hollow Knight !

Parlons de la recette Metroidvania. Pharloom est un royaume immense et magnifique, largement à la hauteur d’Hallownest. Les zones sont nombreuses, facilement identifiables, très bien connectées entre elles grâce à des raccourcis et à des systèmes de voyages rapides à découvrir. Cet univers est vivant, on va croiser de nombreux PNJ et le monde va évoluer avec nos actions, certains événements ne se déclenchant qu’à un moment précis. On peut toujours découvrir Pharloom dans différents ordres et vivre sa propre aventure, mais j’ai l’impression que Silksong est plus dirigiste qu’Hollow Knight, notamment sur la première partie du jeu. Le système de carte, repris du premier opus, demande toujours de faire un certain effort intellectuel pour s’approprier l’espace de jeu. On retrouve aussi les bancs, qui permettent de sauvegarder et de se soigner, tout en faisant réapparaître les monstres que vous avez décimé.

Silksong
Cette aventure nous mènera dans des contrées sacrément hostiles.

Le contenu de Silksong est ÉNORME et il y a plus d’une centaine d’objets divers à récupérer, des zones cachées, des boss secrets, des marchands, des PNJ aux intérêts énigmatiques que l’on va suivre pendant des dizaines d’heures de jeu, et même une quête similaire à celle des larves du premier opus. L’exploration est globalement récompensée, car chaque recoin inexploré est susceptible de cacher un bonus qui vous aidera dans votre quête (amélioration de la barre de vie ou de mana, objet à équiper…). Un système de quête, qu’il faut récupérer dans les quelques villages existants, vous donnera de grosses indications sur les endroits où vous rendre pour accomplir certaines actions importantes. Ceci permet de cadrer un minimum l’exploration et de passer à côté de moins de choses. Sur ce point, Silksong est un poil plus accessible qu’Hollow Knight. Je note quand même que quelques quêtes sont du genre « tuer tant de fois un certain type d’ennemi », et que ce n’est ni très intéressant, ni très inspiré.

Silksong
On va suivre l’histoire de nombreux PNJ, souvent sans comprendre où ça va nous mener.

La plateforme est toujours un élément central du gameplay. Les pouvoirs que va récupérer Hornet au cours de l’aventure (et qui permettront d’accéder aux nouvelles zones) agrémenteront un kit de déplacement complet et agréable à utiliser : saut, dash, rebonds sur les piques ou sur les ennemis… Il existe toujours des phases dédiées, souvent complexes et bien pensées, mais c’est bien l’entièreté du level-design qui intègre la plateforme et nous oblige à rester en mouvement. Les arènes de boss sont un très bon exemple de l’incorporation de ces mécaniques dans le level-design. Les pouvoirs qui forment le kit de déplacement sont, pour certains, similaires à ceux du premier opus, mais les développeurs se sont creusé la tête pour trouver des idées originales. D’une manière globale, notre héroïne est un peu plus vive et plus maniable que le chevalier d’Hollow Knight, ce qui donne des phases de plateforme fluides et efficaces.

Silksong
Les nouveaux pouvoirs amènent des phases de plateforme différentes.

Passons à l’autre aspect essentiel du gameplay, à savoir les combats. Silksong ne fonctionne toujours pas avec des combos ou des coups qui interrompent l’animation d’attaque des ennemis. Le principe reste de comprendre les paterns adverses, d’esquiver les attaques et de trouver les ouvertures pour taper. On garde le principe de gagner du « mana » en frappant, mana qui sert à déclencher certaines attaques puissantes, mais surtout à se soigner, ce qui récompense l’agressivité et fait de l’attaque le principal moyen de se défendre. Le soin demande toujours une canalisation qui peut être interrompue, il faut donc l’utiliser dans les rares fenêtres où vous êtes tranquilles. Contrairement à Hollow Knight, on se soigne par 3 PV à la fois, avec une canalisation qui demande à la barre de mana d’être entièrement remplie (et non plus 3 paliers comme dans le premier opus) et de nombreux ennemis et pièges qui vous enlèvent 2 PV par coup (vous commencez la partie avec 5 PV). Dans ce contexte, se faire interrompre sa canalisation est souvent synonyme de mort, et les combats sont plus tendus et punitifs que dans le premier opus. Personnellement, j’ai trouvé ce choix intéressant car on risque de passer plus de temps à la portée d’un coup fatal avant de pouvoir se soigner. Les affrontements y gagnent en sensations fortes.

Silksong
Les combats de boss sont géniaux et souvent impressionnants.

Le bestiaire du jeu est gigantesque et chaque zone possède ses propres créatures. A part les tout premiers ennemis, tous vos adversaires ont des paterns complexes, et les associations entre différents adversaires, liés à un level-design bien pensé, amènent à des combats redoutables. Il existe toujours une tonne de boss et de mini-boss. Ces combats sont de grandes réussites, les arènes sont bien travaillées, les paterns de ces boss sont nombreux et pensés pour pouvoir vous mettre en difficulté quel que soit la stratégie que vous adoptez. La personnalisation de votre personnage a également été améliorée et amène plus de choix stratégiques que dans le premier opus. Le système de charmes n’existe plus, et on équipe désormais un emblème (il y en a 7 à récupérer dans tout le jeu), sorte d’archétype qui change entièrement notre moveset, auquel on ajoute un certain nombre (améliorable) de bonus offensifs et de bonus liés à l’exploration. A cela s’ajoutent les objets à équiper, à comprendre des armes supplémentaires (boomerang, pièges…) qui ont un nombre maximal d’utilisations qui se recharge dès qu’on se pose sur un banc (en échange d’une ressource particulière, ce qui n’est pas une idée grandiose car on doit la farmer pour utiliser nos objets, et que ça n’apporte rien). Tout ceci donne des dizaines de combinaisons différentes, et vous serez sûrement tenté d’en changer selon les situations. Je précise que tous ces emblèmes, objets et bonus sont à récupérer pendant l’aventure, rien ne vous sera donné et certains sont très difficiles à trouver.

Silksong
Le design des ennemis est remarquable.

Petit mot sur la difficulté du jeu, qui a été très critiquée à sa sortie. Les gens ont trouvé Silksong trop dur, voire injuste. Je peux comprendre ces reproches si on commence ce jeu sans avoir joué à Hollow Knight. En effet, Silksong place la barre haute dès le début de partie, et les personnes non habituées risquent de s’y casser les dents. Par contre, je ne peux pas entendre cette critique de la part des fans. Personnellement, j’ai trouvé Silksong plus facile qu’Hollow Knight. Il est vrai que les mobs « basiques » ont des paterns plus complexes, qu’ils enlèvent globalement plus de PV (je rappelle qu’on se soigne mieux en contrepartie), mais c’est pour moi un changement de game design des combats, qui ne les rend globalement pas beaucoup plus compliqués. Il est vrai aussi que certains passages font péter les plombs (coucou Bilesac). Mais j’ai beaucoup moins galéré sur les boss et les phases de plateforme de Silksong, j’ai moins été bloqué et je trouve que finir le jeu à 100 % est beaucoup moins dur que sur Hollow Knight. Les défis de fin de jeu de Silksong n’ont rien à voir avec la difficulté stupide du Panthéon des boss ou du Path of Pain du premier opus. Seul le mode Âme d’acier peut se targuer d’être affreusement difficile mais, comme son nom l’indique, ce n’est qu’un mode. Perso, j’ai surtout été agacé pour la propension du jeu à cacher des choses hyper importantes (genre des zones entières) derrière des bouts de murs anodins. Normalement, c’est réservé aux bonus mineurs ça.

Silksong
La traque est un nouveau système de quête qui permet de revisiter les zones avec une petite exigence de rapidité.

Pour finir, un mot rapide sur l’esthétique, qui reste très proche de celle de premier opus. En gros, la DA est superbe, les graphismes et arrière-plans sont magnifiques, l’OST est formidable et le sound design fonctionne à merveille avec l’atmosphère du jeu. L’ambiance est incroyable, on est complètement transporté dans cette aventure et dans ce nouveau royaume, et certaines idées de mise en scène frisent la perfection. Du grand art.

Can you geek it ?

Yes you can !

Silksong est un chef d’œuvre, dans la même lignée que son prédécesseur. Je ne saurais pas dire lequel est mon préféré tant les deux jeux sont similaires. Silksong possède un gameplay un poil plus dynamique, des combats un peu différents et plus tendus, et des choix de personnalisation plus stratégiques. Je le trouve par contre un peu plus dirigiste et un peu moins mystérieux, comme si les développeurs avaient essayé de rendre la formule plus accessible par endroits. On peut ajouter quelques petits défauts et décisions étranges. Quoi qu’il en soit, vous pouvez foncer, mais je conseille fortement de faire Hollow Knight avant d’acheter Silksong.

Le par JuanPatatos

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