La terre du Milieu : L’ombre du Mordor

Le saigneur des anneaux

Pour commencer

Je suis un grand fan de l’univers de Tolkien depuis tout gamin, qu’on parle des bouquins, des films, mais aussi des jeux vidéos. Je ne m’étais pas trop penché sur les deux jeux La terre du Milieu, étant plus attiré par les jeux indés que par les blockbusters. Une vidéo Youtube, qui décrivait les systèmes originaux de ces opus, m’a convaincu de les acheter en profitant d’une grosse promotion. Voici donc le test du premier jeu de cette courte série, L’ombre du Mordor.

Action Aventure JuanPatatos Open World PC PS3 PS4 PS5 RPG Xbox 360 Xbox One Xbox Series

Pour se mettre en condition

On écoute quoi ?

Black Sabbath – The Wizard. Un morceau inspiré par Gandalf.

On boit quoi ?

Un cidre chaud, boisson apprécié des Hobbits.

On mange quoi ?

Du Lembas, évidemment. Une recette existe d’ailleurs.

Alors, ça dit quoi ?

Les événements de La terre du Milieu : L’ombre du Mordor se déroulent chronologiquement entre ceux du Hobbit et ceux du Seigneur des Anneaux. Nous incarnons Talion, un rôdeur du Gondor, chargé de garder la Porte Noire du Mordor et de surveiller les signes d’un retour du Mal. Il est malheureusement attaqué par des orques et lui et sa famille seront exécutés par la Main Noire, principal lieutenant du seigneur des ténèbres. Seulement, Talion va être maudit et condamné à errer entre le monde des vivants et celui des morts. Associé à l’esprit d’un elfe millénaire, dont je vais taire le nom, il va parcourir un Mordor dévasté par le retour progressif de Sauron, prendre part aux luttes entre factions qui s’y déroulent, et chercher à se libérer de sa malédiction tout en vengeant sa femme et son fils. Je tiens à dire que le scénario ne m’a pas vraiment emballé, mais que le jeu est très fidèle à l’œuvre de Tolkien. Il est vraiment plaisant d’évoluer dans les régions emblématiques du Mordor, et d’en apprendre plus sur le lore de cet univers à travers les nombreuses archives écrites que l’on débloquera.

L'ombre du Mordor
Gollum continue de se faire des potes.

L’ombre du Mordor est un jeu d’action/aventure, avec des mécaniques de RPG et d’open world. On sent une grosse influence d’Assassin’s Creed. Les mécaniques d’open world se retrouvent directement en ouvrant la carte : une grande aire de jeu découpée en zones, que l’on dévoile en atteignant le sommet de grandes tours blanches (comme les points de vue d’AC), des icônes qui indiquent les départs de quêtes et les objectifs facultatifs. L’environnement est assez vivant, et les groupes d’orques qui arpentent le Mordor vivent leurs propres histoires, entre patrouilles, bagarres avec des bêtes sauvages et poursuite d’esclaves en fuite. Ces événements pourront parfois vous aider durant vos missions (notamment d’infiltration) et donnent de la crédibilité à ce monde. La carte comprend des décors relativement variés, entre plaines désertiques abritant des campements militaires, escarpements rocheux, forteresses et villages d’orques. Les fans de la saga auront le plaisir de se balader sur des lieux iconiques, comme la Porte Noire, et c’est assez plaisant de découvrir la map.

L'ombre du Mordor
La carte, très lisible, ressemble à ce qu’il se fait de mieux dans le genre.

Comme dit au-dessus, L’ombre du Mordor est avant tout un jeu d’action/aventure et met le paquet sur cet aspect. Les mécaniques du jeu sont très nombreuses, créant un gameplay complet et relativement complexe, qui permet de s’adapter aux différentes situations que l’aventure va vous proposer. Les combats prennent une place très importante, et la gamme de coups à votre disposition les rend dynamiques et variés : enchaînements de coups, prises, charges… Le système est pensé pour affronter de gros groupes d’ennemis, avec des combos qui permettent d’enchaîner des exécutions, une certaine facilité pour passer d’un adversaire à un autre et des parades simples à réaliser, même quand on vous tape dans le dos. Encore une fois, ça ressemble aux combats des AC de cette époque, à savoir 2014. Le bestiaire vous oblige à utiliser ces différentes techniques, avec des archers qui vous forcent à faire des roulades, des golgoths à bouclier qu’il faut taper dans le dos, des berserkers qu’il faut frapper au poing pour casser leur garde… On ajoute à ça un arc, avec munitions limitées et jauge de concentration pour ralentir le temps, et une mécanique de « magie » qui permet d’utiliser des attaques dévastatrices à certains moments d’un combo, et on obtient des combats très complets. Peut-être même trop, et je trouve que c’est un peu bordélique pour être bien jouable par moments. J’ajouterais aussi que les très rares combats de boss sont assez mauvais et répétitifs.

L'ombre du Mordor
Ce serait pas un vrai jeu Seigneur des Anneaux si on pouvait pas se prendre pour Legolas.

L’ombre du Mordor propose également de nombreuses phases d’infiltration, notamment via des missions spécifiques, et je crois que ce sont mes séquences favorites. Les déplacements de Talion sont très fluides et, toujours à la manière d’un AC, il peut escalader presque n’importe quelle surface, se déplacer discrètement en s’accroupissant ou en se suspendant aux plateformes, sauter facilement d’une surface à une autre… On retrouve la classique « vision d’aigle », pour repérer vos cibles de loin, les différents états d’alerte des ennemis, selon que vous ayez été seulement aperçu ou réellement repéré, les buissons pour passer inaperçu. On pourra éliminer discrètement les ennemis en arrivant dans leur dos ou en les attaquant à partir d’un rebord, en sachant que la découverte d’un cadavre mettra les autres orques en alerte. L’arc nous aidera grandement à éliminer des cibles gênantes sans bruit et sera un outil important pendant ces phases d’infiltration. Il permettra notamment de créer des diversions, en faisant tomber des nids de guêpes sur les ennemis, ou en décrochant des morceaux de viande qui attireront des bêtes sauvages et déclencheront la panique chez l’adversaire. Certaines zones, appelées forteresses, sont blindées d’ennemis et ont un système d’alarme. Si vous êtes repéré, un orque pourra l’activer et des renforts viendront vous poser de gros problèmes. Toutes ces mécaniques rendent les phases d’infiltration immersives, tendues et variées. Seul bémol, le nombre d’ennemis dans les séquences en forteresses rend parfois l’action, encore une fois, bordélique.

L'ombre du Mordor
Les forteresses proposent des défis d’infiltration excitants.

Pour finir sur les missions, on aura toute une série de quêtes autour des bêtes sauvages (troll, wargs et autres bestioles sympathiques) que l’on apprendra à affronter et parfois même à dompter. Au final, les missions sont assez variées, mais pas assez pour qu’on ne ressente pas une certaine lassitude en fin de partie, notamment sur les missions secondaires qui sont trop similaires.

L'ombre du Mordor
Oui, on peut monter des wargs, et même des bestioles plus grosses.

Si L’ombre du Mordor est reconnu, c’est notamment grâce à une mécanique unique qui a beaucoup fait parler. Parmi les orques, certains sont des capitaines. Ils ont leur propre nom, doublage, ainsi que des forces et des faiblesses qui doivent être prise en compte pour les combattre efficacement. Ils peuvent gagner des niveaux en vous tuant ou en battant des rivaux, ou encore avoir des promotions. Certains pourront même revenir après une défaite, portant les stigmates de votre précédent combat et ayant développé de nouvelles forces. Pour connaître leurs points faibles, il sera possible d’interroger d’autres orques, ou de récupérer des infos dans les campements ennemis. Il sera obligatoire d’éliminer une partie de ces capitaines pour avancer dans la partie. La majorité de ces soldats d’élite sont optionnels, et servent à ajouter des missions secondaires, et à vous faire gagner des points pour la partie RPG (on y revient). C’est un bon moyen pour pimenter les combats, donner de la crédibilité au monde et à l’armée de Sauron, et de vous impliquer dans l’aventure.

L'ombre du Mordor
Certains capitaines orques pètent la classe.

Concernant la partie RPG, c’est du grand classique pour du jeu d’action/aventure sur console. On gagne des points d’expérience constamment, on réussissant des missions, en combattant… Ces points nous permettent de débloquer de nouvelles compétences (on ne commence pas le jeu avec toutes les mécaniques qui existent), à augmenter nos PV et autres stats. Il n’y a pas de choix crucial car on peut tout débloquer, et je trouve que cette absence de personnalisation réfléchie est toujours dommage. Il existe également un système de runes pour nos trois armes (l’épée, l’arc, et la dague dont on se sert pour les assassinats discrets). Ces runes, très nombreuses, donnent des bonus intéressants à nos armes et, pour le coup, le nombre limité d’emplacements de runes nous oblige à faire des choix selon notre style de jeu.

L'ombre du Mordor
Les runes sont un bon moyen de personnaliser notre façon de jouer.

Petit point esthétique. Les graphismes réalistes sont assez beaux et n’ont pas tant vieilli en 10 ans. Le côté morne et déprimant du Mordor est vraiment bien rendu, le design des orques est parfait et leur doublage rend honneur à leur violence et à leur bêtise. L’OST est à la hauteur de la saga qu’elle accompagne, avec beaucoup de morceaux comprenant des cors agressifs, des percussions tribales et des violons lancinants pour décrire l’horreur du Mordor. J’ajouterais que l’interface est très lisible et aide à la clarté de l’action. Enfin, pour parler du contenu, le jeu assure une bonne durée de vie avec des défis annexes à l’aventure principale, et même une aventure secondaire où l’on incarne un autre personnage. Malheureusement, cette dernière est trop répétitive et peu intéressante.

Can you geek it ?

Yes you can !

L’ombre du Mordor est donc un bon action/aventure, ancré dans son époque, avec beaucoup de mécaniques reprises de jeux à succès du début des années 2010. Ça manque un peu d’originalité, et je me suis un peu ennuyé sur la fin, mais il saura combler les amateurs du genre et les fans de l’univers de Tolkien.

Le par JuanPatatos

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